Rapport Borello : une chance à saisir pour l'inclusion

07 février 2018

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A l’image de la contribution de la fédération « Chiche », le ton du rapport est direct, loin des rapports classiques souvent froids et technocratiques et les propositions sont celles d’un entrepreneur engagé : empreintes de pragmatisme et de sens politique.

 

La lettre de mission de la ministre du Travail à Jean-Marc Borello faisait le constat d’une fracture sociale qui se mue en rupture sociale et appelait à remettre en question les systèmes en place. Forte de cette ouverture à repenser l’inclusion, la fédération avait fait le choix de porter des propositions dépoussiérées, concrètes et libérées.

Individualiser les réponses à apporter aux personnes en difficulté, remettre l’économie et l’entrepreneuriat au cœur de la solution et aboutir à des modalités de pilotage fines, souples et efficaces : tels étaient les enjeux. Le rapport de Jean-Marc Borello les a pris en compte pour formuler des recommandations qui sont une base de travail pour les mois à venir.

 

Premier signal fort : l’IAE est confortée dans sa mission avec un Pacte d’ambition augmentant de 20% par an le nombre de salariés en insertion sur 5 ans. L’enthousiasme évident suscité par cette marque de confiance envers le travail des SIAE est cependant rapidement tempéré par la baisse du budget alloué à l’IAE (budget notifié 2017 : 825M€ ; budget notifié 2018 : 811M€). La solution à cette impasse apparente se cacherait-elle dans la possibilité désormais donnée aux préfets d’orienter vers l’IAE 20% du budget alloué aux nouveaux Parcours Emploi Compétences ou à l’encouragement fait aux chantiers d’insertion à se transformer en entreprise d’insertion, outil moins coûteux pour l’Etat ? Quoi qu’il en soit, dans la logique d’investissement social prônée par le rapport et la priorité donnée au triptyque Emploi-Accompagnement-Formation, cette baisse de budget reste un mystère.

 

Deuxième point clef : le rapport acte le lien direct entre insertion et formation. La recommandation du rapport d’orienter 50 millions d’euros du Plan d’investissement compétences marque ainsi un tournant, mais ne sera pas suffisante pour ouvrir de réels moyens. Espérons que les partenaires sociaux suivront la même voie pour l’accord national interprofessionnel en cours de discussion. Oui, l’IAE va et doit vivre une mutation pour que la formation soit placée au cœur de son action. L’essentiel reste encore à faire pour sécuriser des moyens de financement pour la formation : la loi à venir en avril au Parlement sera le rendez-vous à ne pas manquer.

 

Au final, le rapport ouvre des possibles qui peuvent changer la donne. Il faudra être vigilant pour qu’ils ne deviennent pas des impossibles à développer l’insertion. La fédération proposera à l’Etat une méthode de travail élaborée en ce sens avec les autres réseaux de l’IAE pour se saisir des recommandations et en faire autant d’opportunités pour développer une offre d’insertion de qualité en direction des plus fragiles.